Partager l'article ! Fortune de mer…: Il y a des jours où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. C’est une formule que j’apprécie pa ...
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IUFM Midi-Pyrénées |
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Il y a des jours où tout va pour le mieux
dans le meilleur des mondes possibles. C’est une formule que j’apprécie particulièrement et qui résume souvent ma vision du monde. Mais il faut bien dire qu’aujourd’hui, le meilleur des mondes
possibles n’était pas en grande forme. Il était même plutôt piteux comme vous allez pouvoir en juger.
En ce dernier dimanche d’Août, mon cousin Thierry s’était proposé comme matelot. Ce n’était pas de refus, car si l’on parle toujours des marins en solitaire, j’en suis encore au point où, même sur un tout petit bateau comme Bleu Pastel, un équipage de deux est bien juste et trois à la manœuvre, ce n’est pas de trop. Thierry était donc le bienvenu. Nous allions en profiter pour offrir un baptême de l’eau à Véronique, son épouse.
Le temps était idéal. Température douce, juste ce qu’il faut de zéphyr avec quelques risées pour donner de l’élan au bateau. Nous préparons rapidement Bleu Pastel, je remets un peu de téflon dans le rail de mat pour faciliter le passage de la grand’voile. Lors des dernières sorties, on avait bien du mal à la hisser, mais trop petit pour le mat, je ne réussis à lubrifier que le quart inférieur de la gorge du mat. Avec un peu de chance, les coulisseaux en montant se lubrifieront et on hissera la voile sans problème. Thierry en allant défaire les amarres à l’avant me demande : « Tiens, il y a une vis. C’est normal ? Qu’est ce que c’est ? » « Je ne sais pas, on verra bien… » et porté par mon côté économe, j’empoche la vis.
Sortie de port convenable. Je commence à
m’y faire. On s’avance pour avoir de l’espace devant nous. Je vise bien entre les balises du chenal et je le laisse derrière moi. Thierry m’avise d’une bouée à tribord, je l’avais vue, et je
l’évite avec une bonne marge. Notre position me semble suffisamment éloignée de tout obstacle pour prendre le temps de hisser les voiles. Face au vent (Il me semble, car j’ai du mal à évaluer sa
direction. J’aurai dû faire installer une girouette !!!). Moteur au point mort, Nadine à la barre pour tenir le cap au vent. Je lâche le taquet de grand-voile, je tire… Ouahou !!!
Quelle facilité… Le téflon a fait des merveilles, je tire à nouveau et lève la tête pour regarder avec fierté le fruit de mes efforts… Et, que vois-je ? Rien. La grand-voile n’a pas monté
d’un pouce sur le mat. Par contre, je remarque une drisse qui pend au vent à la mi- mât… Elle était décrochée… Thierry voit à son tour le désastre, et nous comprenons vite que la vis qu’il a
trouvée tout à l’heure appartenait à la manille de la drisse.
Le problème est que la drisse ne veut pas redescendre. Et elle est trop haute pour que nous l’atteignions. Je juge plus prudent de retourner au port au moteur. Thierry essaye tout de même de se saisir de la drisse vagabonde. Je prends le cap du port, et soudain, Thierry crie : « La bouée !!! ». Je passe au point mort. Effectivement, une bouée est contre la coque. Certainement une bouée de corps mort. Mais que fait donc ce corps mort en plein milieu du lac. Et pourquoi faut-il que Bleu Pastel soit toujours attiré par tout ce qui dépasse de l’eau… J’essaie d’éloigner la bouée, impossible. Thierry vient à mon aide, mais rien à faire. Nous apercevons sous l’eau l’orin de la bouée. Il est tendu et passe au niveau du safran. Thierry craint qu’il ne se soit pris dans l’hélice. Je le rassure : elle est au point mort, et pour le rassurer, j’arrête le moteur et le lève. Pas d’orin. Mais nous voyons mieux maintenant. Il est entre le safran et la coque… Comme il est en tension, il est impossible de le faire descendre à la verticale pour le dégager. Nous nous escrimons et finalement, faute de faire passer l’orin, c’est la bouée que nous réussissons à faire passer sous le safran. Nous voici libérés… Thierry revient au pied du mat. Il est vexé de voir cette drisse qui le nargue. Je lui dit d’attendre d’être au port au calme pour essayer de la récupérer. On essaiera, lui dis-je, avec la gaffe. Il demande qu’on la lui fasse passer tout de suite. Pour me rassurer, Véronique me dit qu’il nage bien. Nous sommes tout de même à bonne distance du port… Mais il ne veut rien entendre.
De mon côté, je relance le moteur et
retourne vers le port quand soudain Thierry crie victoire. Il a récupéré la drisse ! Moteur au point mort, on remet la manille au point de drisse et tentative pour hisser la voile. Parfait
pour les premiers mètres, jusqu’au point supérieur nettoyé avant le départ, mais dès que l’on dépasse ce point, la drisse devient très dure. J’essaie d’aider la voile, mais c’est trop grippé…
J’abandonne. Nous attendrons que mon accastilleur ait réparé cela. Il doit s’en occuper en septembre… Je suis dégoutté… On rentre au port, au moins, ce sera l’occasion d’un nouvel entrainement à
l’amarrage. Retour à petite vitesse, Thierry se met en figure de proue pour guider le bateau au catway. Arrivée parfaite… Je commence à maîtriser la chose… Amarrage, vérification du bateau. Je
resserre la manille de grand-voile, je la range dans le lazy-bag. Sortie terminée… Mais sortie au moteur uniquement !!! Pas de voile aujourd’hui… Je suis vraiment un marin d’occasion…