Partager l'article ! Un homme à la mer... (1): Homme libre, toujours tu chériras la mer... Il y a maintenant bien longtemps que je garde au fond de moi un rêve d'o ...
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IUFM Midi-Pyrénées |
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Homme libre, toujours tu chériras la mer... Il y a maintenant bien longtemps que je garde au fond de moi un rêve d'océan. Cela n'a rien de bien extraordinaire, mais il est vrai que j'ai souvent tourné autour de cette idée maritime...
Ainsi, lorsque jeune professeur débutant qui devait choisir la ville où il enseignerait, j'avais organisé mes voeux autour de villes qui s'égrenaient le long de nos côtes, du sud au nord de la France. Et la marée m'avait jeté pour 6 ans sur les côtes normandes à Granville... J'y avais rencontré des collègues navigateurs, je me souviens de Bébert, une figure de légende dans ce vieux port morutier où tout le monde célébrait ses qualités de marin d'exception. Il courait le Fastenet et d'autres grandes courses dans le temps que lui laissait l'éducation nationale. Des années plus tard, j'ai appris qu'il avait participé à une course autour du monde sous les ordres de Patrick Tabarly. C'était le plus réputé de nos marins et il m'a fait rêver de mer. C'est lui qui m'a amené sur l'eau pour la première fois. Il m'a donné un début d'initiation à la mer, mais les mutations administratives m'ont ramené à terre alors que je commençais à édifier des rêves maritimes...
J'ai oublié le mer pour de longues années : la vie a ses contraintes
qui mettent des barrières que l'on ne sait franchir...
Et puis, le temps a passé, les enfants ont grandi, et le goût de la mer est revenu...
L'année dernière, je suis revenu poser un pied sur nos plages à contempler l'horizon. Et les rêves sont revenus... Alors, cette année, j'ai décidé de craquer, de céder au démon qui me ramenait sur les traces de cet arrière-grand-père que je n'avais jamais connu et qui était pêcheur à Gruissan, partant chaque matin sur son esquif, la "Germaine" tendre ses filets au large. En ce temps là, Gruissan était encore un village de pêcheurs, pas encore une cité consacré au tourisme...
J'ai décidé que cette fois, on allait aller jusqu'au bout. J'allais acheter un bateau. Oh, je serais raisonnable, ce serait un petit bateau. Pas trop cher, pas trop grand. Un bateau pour apprendre. Pour apprivoiser la mer. Un bateau école en quelque sorte.
J'ai repris la lecture des grands classiques de la navigation, le manuel des glénans, mais aussi le code Vignon de préparation du permis maritime. J'ai lu les meilleurs magazines consacrés à la question, Voiles et Voiliers, Bateaux... Je suis allé rencontrer tous les shiplanders et vendeurs de bateaux de la région. J'ai écumé les petites annonces, je suis allé voir des quantités de bateaux offerts à la vente... Et finalement, je me suis décidé... J'ai trouvé l'oiseau rare... L'oiseau de mer évidemment...
Bleu Pastel, car c'est comme cela que je l'ai nommé, est un petit dériveur lesté de 6 mètres quarante. Je lui ai donné ce nom en double hommage, au Pastel, qui fit la gloire et la fortune de ma ville, Toulouse, et au bleu, qui est une référence à la famille de mon bateau puisque sa série se nomme "Blue Djinn". Et le bleu est aussi la couleur du pastel... Lorsque j'ai acheté Bleu Pastel, je n'ai naturellement pu le chevaucher tout de suite. Il fallait le préparer à la mer. L'armer, comme disent les marins... Et j'étais impatient de le découvrir. C'est que j'étais un peu inquiet... Et si je n'arrivais pas à le dompter ? Et si je ne supportais pas la mer et vomisse mes tripes aussitôt sur l'eau ?
Et bien, je peux tout de suite vous rassurer, après deux premières sorties où un Maître de Voile m'avait donné mes premières leçons, j'ai effectué hier ma première grande sortie pour ramener Bleu Pastel du port de Canet en Roussillon au port de la marina du Cap Coudalère, au Barcarès... Une course de... une bonne quinzaine de milles.... Et cela avec un vent fort et une mer assez agitée... Et bien cela s'est bien passé... La preuve, je suis là pour vous conter la choses...