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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:59

Invité comme co-conférencier  par le CANtm à une conférence débat sur le thème « Enseigner avec le numérique », je me suis rendu à la nouvelle adresse de l’association. L’adresse était prometteuse puisqu’il s’agissait du « Quai des savoirs ». Je m’étais dit qu’avec une telle localisation, on ne risquait pas de prendre le train en marche et que cela augurait bien pour quelqu’un comme moi avide d’innovation.

Le débat était à 18h, mais ceux qui me connaissent savent que je déteste être en retard et qu’en outre, je suis toujours très prudent dans mes prévisions. Je pars donc de chez moi en voiture avec une heure trente d’avance, je craignais les bouchons jusqu’au parking du métro. Chance, c’était fluide. Je prends le métro, jusqu’à la station Palais de justice. J’avais repéré que le quai des savoirs était au bout des allées Jules Guesdes. J’y vais d’un bon pas, ce qui fait que j’y arrive vers les dix sept heures et des broquilles.

Un grand porche, une grande cour, j’étais dans l’ancienne faculté des sciences de Toulouse, celle d’avant la construction du campus de Rangueil dans les années 60. Personne dans la cour, je vois une porte « Quai des savoirs ». Elle était fermée, mais on pouvait le poste sécurité au moyen d’un interphone. Comme mon avance était conséquente, je décidais d’attendre un peu la foule qui ne tarderait pas.

Au bout d’un quart d’heure, personne. En cas, je téléphonai à mon vieil ami Eric C. qui était aussi invité comme co-conférencier. Manque de chance, je tombe sur son répondeur. Je me décide alors à m’enquérir auprès du PC Sécurité. Je sonne, la porte se déverrouille, et j’accède à l’accueil. Je demande pour la conférence. « Je ne suis pas au courant ». Je précise qu’elle est organisée par Mr. B. « B. ? Je ne le connais pas. Vous êtes certain que c’est ici ? »  Je lui montre le mail annonçant la réunion. « Ah, à 18h ! Alors, ce n’est pas ici, il faut rentrer par le café du quai des savoirs. » Il m’explique alors qu’il faut ressortir, reprendre les allées Jules Guesdes, puis prendre la prochaine rue à droite et aller au café des savoirs.

Je fais comme il dit. La rue que je trouve est large mais semble plutôt une impasse. A droite, un grand bâtiment aux parois de verre. Est-ce là ? Je rentre, un grand hall vide… Et un énorme vigile qui m’intime l’ordre de lui ouvrir mon sac. Il est bien petit pour contenir une bombe et une AK42, mais je m’exécute. Il ya sur le côté un long bureau d’accueil où restent deux secrétaires. Je vais leur demander de m’orienter, elles ne savent rien de ma réunion… Décidément pas de chance. C’est alors que je crois reconnaître surgissant d’un couloir André B., l’organisateur de la réunion. Je l’aborde. C’est lui, mais il me dit juste que la réunion est à l’étage et qu’il a quelques problèmes car les hôtesses d’accueil ne lui permettent pas de poser une affiche pour guider les invités. « Je reviens… » et il sort… J’attends un moment. Sonnerie du téléphone, c’est Eric C. Il part de l’université et m’annonce qu’il sera là dans un quart d’heure, mais il ne connait pas les lieux et me demande de l’attendre.

Je prends mon mal en patience.

Une vieille dame arrive. Elle est un peu perdue. Le vigile la fouille pour vérifier qu’elle n’est pas une terroriste armée de mauvaises intentions. La vieille dame tremble un peu, mais elle comprend les questions de sécurité. Elle demande si la conférence est ici. Les hôtesses lui répondent qu’elles n’en savent rien, aussi, je l’aborde pour la rassurer et lui conseiller d’attendre les autres participants.

L’heure prévue pour débuter approche et Eric n’est toujours pas là, quand à André B., il n’est toujours pas revenu. D’autres personnes sont arrivées. Nous sommes une petite dizaine à patienter quand une jeune fille surgit d’un couloir pour nous inviter à la suivre pour se rendre à la salle de réunion. Nous la suivons dans un long couloir vide. Elle s’arrête alors et nous déclare qu’au bout du couloir, nous devons prendre l’escalier à droite et aller au premier étage. Et elle rebrousse chemin. Je décide de prendre la direction de la petite troupe et courageusement j’avance. Au bout du couloir… Oui, il y a bien une porte fermée, mais elle est en verre et on voit derrière un… Non, deux escaliers. En l’examinant, je suis rassuré : il s’agit d’un escalier à deux branches qui se rejoignent à l’étage. Nous l’escaladons donc… Et nous voici devant une porte close. Avec appréhension, j’essaie de l’ouvrir. Oui, elle s’ouvre… Sur un long couloir déserte… Mais il y a une porte ouverte au bout…

Et là, miracle, nous sommes arrivés et il y a déjà une vingtaine de personnes. André B. lui aussi est là. D’où sont-ils sortis ?

Je m’installe, quelques minutes d’attentes, il est maintenant 18h passées, Eric n’est toujours pas là. André B. décide de lancer la réunion, il prend la parole, ouvre le débat, s’excuse de l’absence d’Eric, lorsque soudain, à ma plus grande honte, mon cellulaire se me t à lancer les premières notes de Roxane… Je m’n empare, c’est Eric ! Je décroche tout en m’excusant et annonçant qu’on l’a retrouvé ! 3je suis perdu, je ne sais par où l’on rentre ! » Je viens te chercher ! » lui répond-je, et laissant tout en plan, en bras de chemise, je me lève et parcours à rebours le long chemin que nous avons suivi pour rallier la salle de conférence. « Je suis devant un café… » me dit Eric. « Ne bouges-pas tu es juste en bas, je viens ! »

Je traverse le couloir, dévale les escaliers, retourne dans le grand hall d’entrée. Il est désert. Pas d’Eric… Juste une dame qui pousse un chariot d’entretien. Au fond du hall, la salle du café des savoirs. Je distingue deux personnes. J’y cours. Pas d’Eric. J’essaie de rentrer dans la salle du café, mais les deux ventaux sont fermés et je ne peux les ébranler. Passons par dehors. Je reviens à la porte d’entrée. Le vigile est parti… Une fouille de moins ! Je pousse la porte. Bloquée. La dame au chariot me dit que tout est fermé… Qu’il n’y a plus personne. Quelle poisse. Je n’ai plus qu’a retourner à la conférence et à appeler Eric pour lui conter mon échec.

Retraversée du hall, le long couloir, la porte de verre. Je la pousse. Elle est close !!! Verrouillée. Je commence à m’inquiéter. Je reviens vers le hall. Chance, un retardataire le traverse. Je le hèle, lui bredouille mes malheurs, l’implore de m’ouvrir la porte de verre. Magnanime, il m’accompagne jusqu’à elle, brandit son sésame et ouvre la récalcitrante. Je n’ai pas le temps de le remercier qu’il a déjà tourné les talons. Je pousse la porte, pose un pied sur la première marche de l’escalier. J’entends déjà la porte de verre qui se reverrouille. Je monte l’escalier. Je suis essoufflé… Le palier… Je suis presque retourné… Il va falloir rappeler Eric… La porte… Verrouillée !!! Me voici bloqué entre deux portes verrouillées… Tout le monde doit être parti et tout est maintenant clos jusqu’à demain matin je suppose… Je vais devoir passer la nuit là ! J’essaie à plusieurs reprises d’ouvrir la porte en appuyant sur la poignée. Rien. Et je vois bien le verrou qui me nargue. La salle de conférence est au bout d’un long couloir. Je frappe à la porte. Ils ne peuvent pas m’entendre de là-bas… Je frappe encore… Encore… Quelle galère… Et tout ça pour rendre service… Je frappe encore… Je désespère… Quand soudain, la serrure claque et la porte s’ouvre… Un gros bonhomme est là, il allait partir me dit-il… Je lui présente mes plus plates excuses pour le dérangement, essaie de lui expliquer qui je suis, mais j’ai bien l’impression qu’il s’en contrefiche… Il partait… Et comme il avait pris un peu de retard… Alors, je le suis dans le long couloir. A son extrémité la porte de la salle de conférence. Mon sauveteur suit le couloir à gauche vers la sortie je suppose, et moi, je reviens dans la salle de conférence. La salle s’est encore remplie, et… Eric est arrivé… Je suis confus. Je retourne à ma place en bredouillant des excuses à toutes les personnes que je bouscule tant les sièges sont serrés…

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Publié par Patrick L. - dans Culture Education
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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 22:54

Ma narration a maintenant pris un jour de retard, mais je continuerai à la faire au présent. Mes lecteur auront ainsi toujours l’illusion de l’instant. Ce matin, donc, (mais c’était hier en réalité), je me suis levé à 7 h. J’ai rendez-vous à 8h40 devant la bibliothèque municipale à la station de métro Mont Royal. Jocelyne a décidé de m’amener en voiture jusqu’à l’école de Karine car se serait un peu compliqué pour moi de m’orienter. Je suis un peu en avance, comme à mon habitude, et Jocelyne n’a presque pas de retard. J’embarque acrobatiquement en pleine circulation dans sa voiture et nous voilà partis… A l’arrivée, pas de place de stationnement, aussi Jocelyne me propose de me laisser là, tandis qu’elle m’attendra où elle peut ? Je l’appellerai ensuite par cellulaire pour repartir. Quelques difficultés pour trouver l’entrée fonctionnelle de l’école, mais finalement, je retrouve Karine. Son école a un petit côté labyrinthe, installée dans un quartier densément peuplé, les agrandissements successifs ont été complexes. C’est une école privée. Il y en a beaucoup au Québec. Celle ci n’est pas trop chère, me dit Karine, car elle reçoit quelques subventions. Mais son prix ébranlerait les français. Si je me souviens bien, Karine a parlé de 3000$ par an, soit, 2000€… Karine me dit que dans beaucoup d’écoles privées, le tarif atteint facilement les 10000$...

Mais si l’école est chère, les moyens sont là… Chaque enseignant est doté d’un macbook pro, il dispose dans chaque salle de classe de 2 macbook pro et de 6 iPad, il peut aussi utiliser une classe mobile (un casier roulant avec une vingtaine de macbook pro) ou utiliser la salle PC dans laquelle sont entreposé les robots Wee-Do (http://www.robot-advance.com/art-ensemble-de-construction-set-lego-education-wedo-439.htm , et http://recitpresco.qc.ca/pages/robotique/materiel-wedo ) pour l’apprentissage du codage. Je visite la bibliothèque où les élèves vont lire, la salle de musique, équipée d’instruments de musique traditionnels mais aussi d’un studio numérique, la salle couverte polyvalente où ont aussi lieu les spectacles… Dans les couloirs, des casiers verticaux, un par élève, où il peut ranger ses affaires à son arrivée à l’école (vêtements, goûter…).

Les élèves semblent étonnamment autonomes. Karine me présente à sa classe avant de la prendre en charge, car ce matin, elle l’a en charge comme d’habitude… Je bavarde avec quelques élèves, l’une d’elle vient me dire qu’elle vient juste d’arriver au Canada. Elle vient de Lille et son immigration a demandé du temps. 4 ans… Mais elle a finalement pu venir, avec même son chat…

Il est temps de partir pour laisser Karine au travail… Je rappelle Jocelyne et la rejoins.

Jocelyne va alors m’offrir un long périple dans Montréal, et m’expliquer tout ce qu’il faut savoir pour comprendre la ville. Elle me rappelle son histoire (elle la connaît bien puisque ses ancêtres furent parmi les premiers colons… Son ancêtre éponyme à même laissé son nom à une ville au nord de Montréal, http://www.ville.repentigny.qc.ca et https://fr.wikipedia.org/wiki/Repentigny_(Québec) )… Elle m’explique la topographie de Montréal, ses quartiers, ses diverse populations… C’est là que je prends enfin conscience que Montréal est une île. Une île fluviale… Mais quelle île ! 364 km2 ! Mathématiquement, cela veut dire 36km sur 10… Plus grand que l’île du stadium à Toulouse !!!

Nous roulons des heures ! et je découvre tout de Montréal, ses diverses architectures, ses rues aux maisons aux escaliers extérieurs, ses édifices anciens, son port… Vers 4h Jocelyne nous propose un petit arrêt-lunch chez elles avant de repartir pour découvrir les rives du fleuve… Nous ne terminons que vers 16h. Je rentre en métro à mon hôtel…

Après un peu de repos, je pars faire une flânerie photo dans downtown et j’en profite pour faire des photos des tours du Montréal actuel. Je joue avec les reflets sur les façades de verre. Je retrouve le plaisir que j’avais eu à faire la même chose à Vancouver.

A mon retour à l’hôtel, je croise mon ami Constantin, nous décidons d’aller chercher ensemble une gargote où nous restaurer. Nous en trouvons une à deux rues de l’hôtel. Constantin commande un pied de porc et c’est la première fois que je le vois caler devant la quantité proposée : on lui apporte un énorme jarret fumé et deux saucisses accompagnés de choucroute et de frites. Quand à moi, je commande des spaghettis à la viande fumée, et l’on me donne une assiette où il y a encore plus de viande fumée que de spaghettis… Nous sommes les derniers clients et le restaurant va fermer. Il n’est pas loin de 20h. Il est vrai que les canadiens mangent tôt le soir et se couchent tôt… Mais ils se lèvent tôt aussi…

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Publié par Patrick L. - dans Canada 2016 Education
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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 22:56

Le jour s’est levé, moi aussi, après une longue nuit pour rattraper la longue journée d’hier… Je viens de me faire un café pour évacuer les dernières torpeurs nocturnes. L’accueil ne commence qu’à 7h45 et se traine jusqu’à 9h. J’hésite entre la conférence principale du colloque et celle du sommet du numérique… Au colloque, il y a M;Tardif que avait émaillé la recherche INRP de 2000-2003 avec Gérard Fabre (et les autres). Au sommet, il y a … l’iPad qui devrait être au cœur de mes activités l’an prochain !!!

Pendant que les derniers arrivés se pliaient aux formalités, j’ai fait un premier tour des exposants et entamé quelques bavardages avec les représentants syndicaux des enseignants québécois, ou des développeurs iPad. Ensuite, conférence initial. Avec Constantin, nous choisissons le colloque Education. Chance, c’est une légende vivante qui fait la première conférence, M.Tardif…

La conférence de M.Tardif

La conférence de M.Tardif

Il parle du recrutement des enseignants. Lorsqu’on l’interrompt : la ministre de l’éducation arrive et veut nous parler… Quel honneur !!! Pour le compte rendu des interventions, on se reportera évidemment à la publication dont j’indiquerai le lien lorsqu’elle sera réalisée.

Intervention de la ministre de l'éducation.

Intervention de la ministre de l'éducation.

En deuxième partie de matinée, je rejoins le symposium du numérique et de l’iPad. Les conférences sont passionnantes. Une prof suisse de littérature donne des exemples de l’utilisation des tablettes et des réseaux pour réactualiser l’enseignement des lettres. Une conférence sur les illustrations graphiques…

Récréation pour restauration avant la reprise pour l’après midi ! C’est cet après-midi que nous officions, Pascal et moi… Préparons-nous !

L’organisation du colloque semble parfaite, mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter. Où dois-je faire ma conférence ? Il y a en effet profusion de salles. Sur le programme, je suis inscrit en « J507 », mais c’est numéro d’ordre et à la reprise, je ne trouve ce numéro nulle part. Il est inscrit, je ne sais plus où, aussi, que j’interviens dans la salle Mont Royal. Mais je suis un peu perdu. Je demande à l’accueil, on me confirme : « vous êtes en salle Mont Royal ». Je vais donc m’installer. J’écoute les confs qui précèdent la mienne. Elles concernent des outils pour enseigner les TICE en classe. Une conférence sur le site carrefour éducation, qui regroupe des ressources pour enseigner, puis une conférence sur le robot LEGO. Et tout le monde s’en va… Quelques autres personnes entrent, je leur demande, elles semblent aussi peu informées que moi. Martine Peters pense comme moi être dans cette salle et elle me confirme que selon le plan, elle parle après moi. Nous devons être là. Nous en profitons pour installer nos fichiers sur le mac de la salle. Puis, une personne avec un air d’autorité entre dans la salle. C’est le responsable de l’organisation !! Oui, c’est bien notre salle… Nous voici rassurés. Mais il nous gendarme tout aussitôt. Il est le gardien du temps et nous ne disposons que de quinze minutes d’exposé et cinq de questions…

C’est mon tour… Évidemment, le temps me manque et je dois expédier mes deux dernières diapos à cent à l’heure. Mais somme toute, tout s’est bien passé. Quelques questions, j’y répond, mon propos semble avoir intéressé l’auditoire…

Après moi, Martine Peters aborde une question très complémentaire de mon sujet, le copier coller des élèves sur internet. Après sa communication, nous échangeons quelques idées. Nous découvrons que nous avons des amis communs !!! Elle connaît bien Renée Forgette avec qui j’avais travaillé à l’université d’Ottawa ainsi que Marie-Josée Berger qui en était la doyenne à cette époque là, et le collègue qui accompagne Martine Peters à succédé à Marie-Josée Berger à l’université d’Ottawa… Je lui parle des partenariats passés entre son université et notre ancienne IUFM, il ne semble pas opposé à renouer les liens… Nous creuserons la question au retour à Toulouse…

A la fin de cette première journée de Colloque, nous allons pouvoir passer avec Pascal aux civilités amicales… Jocelyne de R., ancienne du programme RESO (http://blog-pour-apprendre.over-blog.com/article-16315368.html ) nous a invité à manger chez elle. Elle a aussi invité Karine, ancienne stagiaire du programme RESO. C’est notre première expédition en métro, et grâce aux explications données par Jocelyne pour aller jusque chez elle, nous arrivons sans une seule erreur. Nous sommes les premiers. Un ami de Jocelyne, un ancien toulonnais, arrive ensuite. Il veut entendre le chant du pays qu’il a quitté il y a si longtemps… Et puis, c’est Karine… Je ne l’avais pas vue depuis près de 10 ans… Elle n’a pas changé ! Quelle joie de la revoir… Excellente soirée, Jocelyne nous a concocté un repas québécois, et pour le clore, Karine a mené un des produits les plus recherchés de l’art de goût canadien : du cidre de glace… L’équivalent du vin de glace, mais avec des pommes…

Nous ne voyons pas le temps passer, mais il est déjà tard et demain, nous nous levons tôt : Karine m’a invité à visiter son école avant qu’elle ne commence ses cours, c’est à dire avant 9h30. Il est donc temps de rentrer à l’hôtel pour prendre un peu de repos.

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Publié par Patrick L. - dans Canada 2016 Education ESPE
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 16:22

J’ai connu Sarah il y a bien longtemps puisqu’elle était la seconde étudiante que nous avons accueilli à l’IUFM de Toulouse dans le cadre du programme RESO Europe Canada. Ce devait être vers 2002 ou 2003… Elle faisait ses études d’éducation à l’université d’Edmonton, en Alberta. Je l’avais encadrée lors de son stage de trois mois dans notre école, mais aussi dans un stage pratique dans une école très défavorisée de Toulouse.

Nous avions noué des relations très amicales, et dans nos discussions j’avais commencé à découvrir les représentations de l’école et du métier d’enseignant que l’on avait au Canada. La lecture du rapport de stage de Sarah avait bien illustré cela et m’avait fait voir nos certitudes françaises en matière de pédagogie d’une autre façon. La suite du programme RESO m’avait aidé à changer de point de vue, et lors la deuxième année de ce programme, j’avais rédigé un article pour les Cahiers Pédagogiques en m’appuyant sur le rapport de stage de Sarah. Mon article était assez critique sur l’école française et j’avais eu du mal à le faire accepter par le comité de rédaction qui m’avait demandé de tempérer mes critiques et de bien les justifier. Finalement, les Cahiers Pédagogiques avaient publié l’article[1] que j’avais signé de mon nom et de celui de Sarah (http://www.cahiers-pedagogiques.com/No445-Ou-en-sont-les-ZEP-2517).

Lors d’une rencontre de l’équipe RESO à Edmonton, j’ai eu l’occasion de revoir Sarah. Elle était devenue enseignante et m’a invité dans son école. J’ai pu à cette occasion voir en vrai une école et une classe dans la réalité quotidienne canadienne. J’ai pris des photographies des élèves de Sarah et après les avoir imprimées, je les lui ai envoyées pour les offrir à ses élèves.

Des années plus tard, Sarah est revenue en France. Elle venait de se marier et était en voyage de noce. Elle m’a rendu visite avec son mari Nathan. J’en ai profité pour faire faire une visite historique à Nathan comme j’ai souvent l’occasion de faire avec les invités de l’ESPE.

Et puis, cette année, Sarah m’a annoncé qu’elle venait passer tris mois en France avec ses filles, Lilly, 4 ans, et Scarlett, 2 ans. Elles s’installaient dans un village près d’Avignon, et les filles allaient aller à l’école française pour améliorer leur français…

Sarah les avait préparées à cette immersion en leur expliquant le fonctionnement de l’école en France…

Mais ce n’était pas possible qu’elles viennent en France sans venir me voir !!! Pour moi, j’étais un peu bloqué par mon travail et les soins médicaux exigés par quelques soucis mineurs. Alors, c’est Sarah qui a fait le voyage… Elle a eu bien du mérite car si elle disposait d’une voiture de location, elle était assez malhabile à maîtriser les boîtes à vitesse européennes… Ajoutez à cela deux petites filles à l’arrière, et vous comprendrez que cela n’avait pas dû être facile de faire la route aller retour Avignon Toulouse…

Mais Sarah est venue malgré tout !

J’ai donc pu faire la connaissance de ses deux filles. Et c’est à cette occasion que j’ai pu mesurer l’ampleur des différences dans l’éducation familiale entre les petits français et les petits canadiens (en l’occurrence, ici, les petites canadiennes ;-).

Les filles de Sarah, malgré leur jeune âge sont très autonomes. Leur mère leur laisse cette autonomie au risque de prendre des risques qui inquièteraient aujourd’hui une mère française. Et les enfants profitent de cette autonomie pour découvrir leur environnement.

Cette autonomie est ce qui est le plus visible dans le quotidien. Mais l’autre point qui m’a étonné, c’est le rapport de la mère et de ses filles. Sarah ne crie jamais. Quoi qui puisse se passer. Si jamais un drame éclate comme il en éclate souvent avec les enfants, une chute, une agression fraternelle, une contrainte que l’on a du mal à accepter parce que l’on est fatigué… Un enfant qui hurle, perd son calme, sa maîtrise de soi, Sarah s’approche de la malheureuse, sa voix se fait très basse et très douce, et elle explique à sa fille qu’elle comprend son malheur, qu’il est causé par ceci ou cela mais que l’on ne peut influer sur cette cause, car elle a déjà eu lieu, elle assure sa fille de son amour maternel, lui demande si elle est la cause de l’accident et si oui, lui recommande de ne pas recommencer à agir comme cela car les conséquences sont désagréables.

Bref, une présence complète, et complètement rationnelle qui responsabilise pleinement ses filles tout en leur montrant la vanité des cris et en reconnaissant la souffrances réelle qu’elles ressentent.

Son calme complet calme rapidement les enfants et leur permet de sortir rapidement de leur stress. J’avais l’impression qu’elles sortaient grandies des impédimentas de la vie…

En voyant Sarah procéder, j’ai mesuré à quel point les mères, en France, ont tendance à surprotéger leurs enfants. Je pense que cela provoque du stress et que l’effet est inhibiteur. On a la sécurité, mais on a en prime l’inhibition de l’autonomie. J’entends déjà ces mères réagir à mes propos en agitant les périls infinis de notre monde et de notre société. Mais je me souviens de mon enfance au village. Dès l’âge de 6 ou 7 ans, mes camarades de classe, après l’école, allaient sortir seuls les vaches de l’étable pour les amener pâturer au pré. Ils allaient par les chemins un bâton à la main, avec pour seul gardien de leur sécurité, le chien. Dans le pré, ils jouaient avec la nature et je me souviens comme ils n’hésitaient pas à chasser les serpents pour lesquels on leur offrait une prime de destruction de nuisible… La plupart de mes camardes habitaient dans des hameaux lointains et venaient tous les jours, quelque soit le temps, à l’école à pied, par des chemins de terre… Nul ne s’en inquiétait…

Et ils ont survécu…

[1] http://www.cahiers-pedagogiques.com/No445-Ou-en-sont-les-ZEP-2517

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Publié par Patrick L. - dans Education
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 14:27

Voilà, la préparation de ma participation à ce colloque « éducation » (http://colloque2016.crifpe.ca/fr/pages/home) est terminée. Ma proposition de communication envoyée en novembre a finalement été acceptée après plusieurs corrections.

Ma première proposition n’avait pas été formulée correctement et refusée à la veille des vacances de noël. Sur le moment, j’avais baissé les bras. Sortant d’hospitalisation, j’étais fatigué et manquais d’énergie pour tout modifier en urgence. Et puis, finalement, après un rappel en janvier, je m’étais décidé à reprendre mon résumé. Quelques aller retour avant acceptation de ma communication…

Ensuite, il a fallu m’occuper des formalités, prise en charge de la mobilité par l’ESPE et l’Université Jean Jaurès, acceptation de mon absence pour la durée du colloque par mon lycée, inscription au colloque, réservation de l’hôtel…

Pendant le même temps, je travaillais évidemment à la rédaction de ma communication. L’essentiel est écrit, mais il reste le plus important : les finitions, les corrections, les améliorations, sans parler du diaporama final. Mais celui là, je le ferai quasiment au dernier moment, lorsque mes idées seront parfaitement claires…

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Publié par Patrick L. - dans ESPE Canada 2016 Education
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